Quelques conseils amicaux pour la redaction des memoires et theses

Professeur émérite de la Faculté de Droit de Toulouse Capitole
Lauréat de la Faculté de Droit de Paris, de l’Institut catholique de Paris, de la Délégation générale à la Langue française, de l’Académie de législation, et de l’Institut (Académie des Sciences morales et politiques)

Auteur de plus de 670 publications dans 12 pays, dont 20 livres (parmi lesquels deux ont eu deux tirages, et cinq plusieurs éditions), notamment :

  • Responsabilité civile professionnelle, Dalloz, collec. Référence, 2e éd., 2005, 166 pages (traduit en espagnol et en arabe).
  • Les contrats de franchisage, Litec, collec. Litec professionnels, 2e éd. 2007, 324 pages.
  • Les contrats de concession, Litec, collec. Litec professionnels,  2e éd., 2010, X et 318 pages.
  • Responsabilité des vendeurs et fabricants, Dalloz, collec. Référence, 5e éd., 2015, XII et 378 pages.
  • L’ingénierie, les transferts de technologie et de maîtrise industrielle, LexisNexis, 2e éd., 2016, 336 pages.
  • Droit de la responsabilité et des contrats, Dalloz, collec. Action, 13e éd., 2023/2024, XLIII + 2908 pages, 125 euros..
  • Contrats du numérique, Dalloz, collec. Référence, 12e éd., 2022/2023, XVIII et 808 pages.

À l’origine, ce document était distribué aux étudiants en droit de troisième cycle qui demandaient à me rencontrer.

Les propos qui suivent, complétant ceux qui figurent dans une autre partie de ce site sous l’appellation générale de Conseils aux étudiants, sont destinés à aider les personnes se lançant dans la rédaction d’un mémoire ou d’une thèse. C’est par bienveillance envers elles que j’ai rédigé ces lignes. Elles ont pour dessein de leur éviter bien des écueils, et de prévenir certains reproches qui pourraient leur être adressés le jour de la soutenance. Quant aux remarques sur la langue, figurant également dans le fichier Conseils aux étudiants (précité), elles leur permettront de gagner vingt ou trente ans de tâtonnements. Pour ma part, je regrette que personne n’ait pris la peine de m’indiquer ce qui figure dans ces documents, et jamais je ne rattraperai le temps ainsi perdu…

Avant tout, je vous invite à l’amour ! Il faut aimer votre travail, vos recherches et, par avance, son fruit en s’identifiant à lui, l’œuvre à venir (n’est-ce pas une des définitions de l’amour ?). Celui-ci apportera la joie du travail, tant celle de l’esprit (dilatatio cordis), que celle du cœur (dilatatio mentis), selon une formule de saint Bernard (1091-1153). Il existe un plaisir singulier de penser et de la pensée, de la fonction « d’intellection » et de « l’activité discursive ».

Cela étant, la première tâche consiste à délimiter exactement le sujet, au moins à titre provisoire, en cherchant un fil directeur. « Avant l’idée distincte que cherche la réflexion, il faut quelque idée irréfléchie et indistincte, qui en soit l’occasion et la matière, d’où l’on part, où on s’appuie. La réflexion se replierait vraiment sur elle-même, se poursuivant et se fuyant à l’infini. La pensée réfléchie implique donc l’immédiation antécédante de quelque intuition confuse où l’idée n’est pas distinguée du sujet qui la pense, non plus que la pensée » (F. Ravaisson, De L’habitude, nouv. éd., Rivages poches, 1997, p. 107). Cette idée directrice doit être forte, car une thèse doit être originale et ne pas consister en une nouvelle compilation dans une présentation différente. L’idéal serait, assez paradoxalement en apparence, de pouvoir commencer par la rédaction de la conclusion, c’est-à-dire d’avoir les perspectives tracées et les idées si arrêtées qu’elles pourraient déjà être exposées !

Ensuite les recherches doivent être lancées dans toutes les directions. Le sujet de votre thèse évoluera peut-être au cours de votre travail, soit par son élargissement, soit (c’est plus fréquent) par son rétrécissement. N’oubliez jamais de noter avec précision les références des articles ou arrêts que vous relevez ou photocopiez. Cette étape vous permettra de « chauffer le four aux idées », pour reprendre une charmante image de George Sand (lettre du 8 déc. 1872 à Gustave Flaubert, dans Flaubert, Correspondance, Pléiade, t. IV, 1998, p. 622). Ne citez jamais un auteur ou un arrêt que de première main, c’est-à-dire en ayant été lire le texte orignal lui-même : Rien ne vaut la fréquentation directe des sources (des originalia), d’autant plus que la citation que vous en avez trouvé dans un écrit (dite de « seconde main ») est peut-être erronée ou tronquée (lui faisant dire ce qu’il ne contient pas, voire le contraire, cela est assez fréquent). Si vous n’arrivez pas à trouver le texte d’origine, mentionnez alors en note « cité par… », en donnant la référence de l’écrit où vous avez trouvé ce que vous rapportez. La recherche des sources commence par les documents les plus récents, pour aller aux plus anciens. Mais sachez que le document ancien n’est pas forcément périmé et que le récent n’est pas nécessairement le plus nouveau (dans le fond) ; et encore que celui qui est volumineux n’est pas forcément plus important que celui qui est d’un format plus modeste…

Ayez une sorte de « main courante », où vous inscrirez au fur et à mesure, en désordre, les idées qui vous viendraient à l’esprit (et même des expressions ou des images), et que vous risquez d’oublier. Ne vous fiez pas à votre mémoire ; vous risqueriez de perdre ces germes de vous-même, fragments préfigurant l’avenir, l’œuvre à venir. Une idée ne revient pas forcément. Tout son or tient dans sa fulgurance inopinée : Il faut la saisir et la fixer quand elle passe (au Kaîros), car elle est pour l’instant volatile et légère comme l’air (le Kaîros est le moment opportun et propice où il importe d’agir ; Aristote enseignait qu’il faut maîtriser le Kaîros en médecine et dans la navigation, mais son conseil vaut aussi pour la rédaction des thèses). Vous serez peut-être bien aise ultérieurement d’avoir ce mémento à votre disposition. De même, lorsque vous vous sentez en état de rédiger certains développements qui seront nécessaires, n’hésitez pas, d’autant qu’en les mettant dans la mémoire vive de l’ordinateur (avec une sauvegarde extérieure), il vous sera facile de les utiliser le moment venu, à l’endroit que vous choisirez.

Vous pouvez déjà réfléchir à un plan possible, tout en poursuivant vos recherches, en sachant qu’il évoluera à plusieurs reprises, jusqu’à l’heure de la rédaction finale, car il découlera des idées essentielles que vous trouverez et que vous mettrez en évidence. « Souvenez-vous que le tout vient avant les parties » disait Bergson à Jean Guitton, lorsque celui-ci travaillait à sa thèse (Le Temps et lÉternité chez Plotin et saint Augustin). Mais il est certain qu’il vous faudra un jour un plan détaillé, en deux ou trois parties, accepté par votre directeur de recherche. Écrivez Première Partie, Deuxième Partie, et non comme cela se répand fâcheusement Partie 1, Partie 2. Les grandes divisions devront toujours être au nombre de deux ou de trois (au moins jusqu’aux chapitres) ; leurs titres se répondront autant que faire se peut (dans une heureuse symétrie ; or celle-ci est équilibre). L’intitulé de la thèse ne doit pas donner son plan (par exemple une thèse ne doit pas s’intituler La responsabilité contractuelle et délictuelle des fabricants si la première partie porte sur la responsabilité contractuelle [dont au demeurant je conteste l’existence], et la seconde sur la responsabilité délictuelle, alors qu’un ouvrage destiné aux praticiens pourrait être divisé de la sorte). Vous devez tendre à ce que les questions les plus intéressantes soient exposées au centre de votre travail (soit pour un plan simple : I, A, B ; II, A, B, en I B et II A). Tâchez de tenir compte des propos suivants d’Antoine de Saint-Exupéry sur le plan d’un ouvrage : « [ses] lignes de force s’ordonnent nécessairement autour du pôle fort. Le plan est une conséquence de l’existence forte et non sa cause » (Carnets, Folio, 1999, p. 322). Telle est la raison pour laquelle il ne peut être fixé définitivement qu’assez tardivement.

Ne commencez à rédiger que lorsque vous aurez bien en tête toutes vos idées directrices et vos propositions finales (« Il faut toujours savoir comment on va finir avant de commencer » Charles de Gaulle, cité par A. Peyrefitte, C’était de Gaulle, t. 3, Fallois, 2000, p. 290. ‒ De son côté Henri Michaux disait « Atteignez d’abord, vous approcherez ensuite » ). En effet, chercher sans savoir ce que l’on cherche n’est pas réellement chercher, mais rêver. Pendant la rédaction, il conviendra de respecter les règles rappelées dans le fichier Conseils aux étudiants (précité), en vous souvenant que l’usus scribendi est éloigné de l’usus loquendi : La langue écrite n’est pas exactement celle qui est parlée (surtout la vôtre !). À qui lui demandait une recette pour bien écrire, Max Jacob répondait de ne jamais commencer deux phrases à la suite de la même façon ; le conseil est judicieux. Méfiez vous des phrases à incidentes et à subordonnées enchaînées, merveilleuses chez Proust mais indigestes dans une thèse. Cherchez toujours le mot juste. « Les mots sont des étiquettes. Et c’est en les cherchant que les choses se trouvent » (Joubert). « Je croyais n’avoir rien à dire et l’angoisse me prenait. Je ne savais pas qu’il fallait d’abord s’asseoir et tracer des mots sur une page, je ne savais pas que ce qu’on a à dire tombe naturellement dans le piège des mots » (Julien Green, Journal, 14 avr. 1952). Évitez les répétions ; du reste, dans l’étonnante alchimie de la création, la recherche d’un synonyme est souvent la source de fécondes trouvailles, je l’ai souvent expérimenté, et Julien Green l’a fort bien relevé : « En cherchant des synonymes dont j’ai besoin, je suis amené à dire autrement ce que j’ai en tête et vais parfois beaucoup plus loin que je ne pouvais l’espérer ; ainsi, le plus banal problème d’euphonie verbale me met sur la piste de quelque chose que je ne soupçonnais pas, non plus dans le domaine du son, mais dans celui du sens » (Journal, 3 oct. 1946, Pléiade, Œuvres, t. IV, p. 937). N’attendez pas trop pour commencer à écrire. Au début, laissez l’introduction de côté ; vous la rédigerez ultérieurement : Elle ne s’écrit que la thèse achevée ! Mais il faut y penser dès le début de la rédaction de l’ouvrage, noter des idées, des formules, etc. Apportez lui une grande attention : Ne la rédigez pas à la hâte en quelques jours, car elle a une importance capitale, de même que la conclusion (beaucoup plus brève). Nombre de vos lecteurs se contenteront, hélas, de ces deux morceaux…

Lors de ce premier jet écrivez sans trop vous soucier du style. Avancez à grandes guides, sans tenter d’être brillant, en jet continu, ce que Mozart appelait il filo. Vous mettrez du liant et du vernis plus tard. À ce stade, ne cherchez pas l’exhaustivité dans la rédaction : Vous apporterez tout le suc de vos fiches et dossiers plus tard. Ce qui importe essentiellement est d’avancer, et de parcourir assez vite l’ensemble du domaine qui est le vôtre, en principe sans relâche. Le premier jet ne doit pas constituer une pression paralysante (en cherchant d’emblée la perfection, mais un vif élan). Si, selon saint Jean de la Croix, « Il n’y a pas de chemin, il faut marcher. C’est en marchant que se fait le chemin », c’est en écrivant que l’inspiration viendra, que les données se décanteront et les idées se préciseront. Profitez du vent arrière, tant qu’il enfle la voile ! « Allez de l’avant, et quand le souffle aura tout produit, vous remonterez le ton général et sacrifierez ce qui ne doit pas venir au premier plan » (George Sand, lettre à Flaubert du 30 nov. 1866, in Flaubert, Correspondance, Pléiade, t. III, 1991, p. 570). Écrivez, écrivez encore, écrivez toujours ! Si vous achoppez sur une question, ne vous bloquez pas. Passez à un autre aspect, pour revenir plus tard à celle que vous n’avez pas su débrouiller ; le temps aura probablement permis de la décanter. Sachez qu’écrire implique une ascèse, et nécessite même de créer une sorte de désert autour de soi : L’écrivain est un solitaire. « Les livres sont l’œuvre de la solitude et les enfants du silence » (Proust. ‒ V. notamment sur ce lien entre la solitude et la création en général : J. Kelen, L’Esprit de solitude et les peintres, La Renaissance du livre, 2003). Développez totalement vos intuitions : « Il faut épuiser une idée, tant qu’elle a des choses différentes à livrer » (Proust, lettre à Jean Cocteau du 11 févr. 1919, in Proust, Correspondance, t. XVIII, Plon, 1990, p. 101). Battez-vous contre vos idées, pour les saisir dans leur plénitude, les enserrer dans une forme solide et précise.

En rédigeant vous vous apercevrez peut-être que votre plan, même approuvé par votre directeur, ne répond pas à votre attente, par exemple que les parties sont trop déséquilibrées. Réfléchissez alors à un nouvel ordre. Mais le travail effectué ne sera pas perdu. Grâce aux facilités du traitement de texte, vous pourrez facilement déplacer un morceau d’un endroit à un autre. Veillez à ce que vos développements soient nécessaires à votre démonstration (et donc qu’ils ne puissent pas encourir le grief, si souvent émis, d’être hors sujet).

Chaque fois que, durant vos recherches et la rédaction, vous éprouvez des hésitations, voire des angoisses, n’hésitez pas à demander rendez-vous à votre directeur de recherche, qui vous aidera avec joie à sortir de l’impasse. Confiez-vous à lui : Quelqu’indigne qu’il soit peut-être, il est tout à la fois votre modèle, votre guide, et un peu votre frère. Vous pouvez essayer vos idées et découvertes sur lui. En formulant vos doutes pour les lui faire connaître, vous trouverez peut-être par vous-même la solution, car formuler est mettre de l’ordre et construire. La création s’accomplit par le verbe. Si vous avez trop d’inquiétudes sur votre manière de rédiger, soumettez lui des passages de votre plume ; dans le cas contraire, attendez d’avoir achevé, sinon une partie, du moins un titre, pour solliciter son avis. Les directeurs de recherche inclinant, non compellunt : Ils dirigent, ne critiquent pas ou, plus exactement, dirigent et encouragent plus qu’ils ne critiquent. Et ils font advenir ce qui est dans l’esprit du thésard. Leur mission est de « docere ignorantem, consulere dubitandi et consolari tristem » (saint Thomas d’Aquin ; ceci sont trois des œuvres de la miséricorde spirituelle : Instruire les ignorants, prendre soin de ceux qui doutent et fortifier les tristes). « Le maître n’est un bon maître que dans la mesure où l’élève lui permet d’être un bon maître. C’est l’élève qui tire la richesse du maître » (Jean-Louis Barrault, dans Réflexions sur le théatre, cité par G. Bonal, Les Renaud-Barrault, Seuil, 2000, p. 87).

Ceux qui, travaillant sous ma direction, souhaitent me rencontrer pour que je porte un jugement sur un passage de leur travail, doivent me demander un rendez-vous par courriel (messagerie électronique). Mais il faudra me faire parvenir le texte un certain temps avant celui-ci (par la Poste, ou en le déposant à laccueil de ma résidence ; ne m’envoyez aucun gros document par courrier électronique). Tout texte provisoire qui m’est adressé doit être imprimé seulement au recto, les pages étant numérotées. Il convient de l’accompagner du plan, en indiquant à quel endroit de celui-ci il prendra place. Enfin, il est souhaitable de me faire part de la raison pour laquelle vous désirez connaître mon avis.

Sans traîner, prenez votre temps : Ni hâte excessive, ni fâcheuse lenteur. Fixez-vous, pour une thèse, un délai de trois ans, tout en sachant que son achèvement nécessitera peut-être un an de plus. « On est maître que quand on accorde aux choses le temps qu’elles méritent » (Delacroix ; mais n’allez pas écrire comme lui que quand ; il eût été préférable de dire : « … maître qu’en accordant aux choses… », ce qui aurait évité du même coup la répétition du pronom on !). Quant au volume, un mémoire a de 80 à 120 pages. Une thèse, œuvre de longue haleine, est nettement plus importante, mais il n’y a pas de normes, tout dépendant du sujet et de l’objectif poursuivi. Toutefois, si une thèse implique un certain volume, l’épaisseur et la longueur ne sont pas des qualités en soi : Proust est un génie, qui avait besoin d’étendue pour s’exprimer, mais Flaubert aussi, qui cultivait la concision. Au-delà d’un certain nombre de pages, le risque existe que des membres du jury ne lisent pas l’ouvrage en entier (la charge des thèses [au demeurant non rémunérée] est devenue très lourde pour les professeurs des facultés de Droit, surtout au dernier trimestre de l’année civile). Et, de toute façon, le nombre de vos lecteurs, à qualité égale s’entend, sera inversement proportionnel au nombre de pages ! L’acribie doit être votre objectif, c’est-à-dire le souci de la précision et de la rigueur en tout.

Travaillez avec persévérance et régularité. « L’inspiration est décidément la sœur du travail journalier » (Baudelaire, Conseils aux jeunes littérateurs, VI). Pour réussir, il est nécessaire d’être le contraire du personnage de Balzac, l’écrivain Nathan, dont il disait : « Si cet homme a du génie, il n’a ni la constance, ni la patience qui le consacrent » (La fille d’Eve). Le même auteur écrivait « Il n’existe pas de grand talent sans une grande volonté. Ces deux forces jumelles sont nécessaires […]. Les hommes d’élite maintiennent leur cerveau dans la condition de la production comme jadis un preux avait ses armes toujours en état » (La Muse du département)Cependant, en cas de blocage total, rompez les rangs, et aller marcher et méditer une semaine en forêt ou en montagne…, vous souvenant que derrière les nuages (les difficultés) brille le soleil. Si vous n’arrivez pas à écrire, la raison en réside peut-être dans un manque de libido (bien que vous soyez généralement fort imbus de vos facultés génésiques), le lien entre la puissance de celle-ci et l’envie d’écrire étant connu !

Adoptez un système de références, de préférence le suivant, qui est actuellement celui des principaux éditeurs juridiques (il a changé il y a quelques années), et surtout soyez constant dans son utilisation. Pour les ouvrages, mettre l’initiale du prénom de l’auteur (en premier), son nom, le numéro d’édition lorsque ce n’est pas la première, le nom de l’éditeur, la ville sauf lorsqu’il s’agit de Paris (pour un ouvrage imprimé), l’année de publication, le numéro du paragraphe (à défaut la page). Citez toujours la dernière édition. Pour la doctrine et la jurisprudence françaises le mode de citation varie selon les revues.  Méfiez vous de certains codes dont la numérotation a changé (notamment le code de la consommation, le code rural ou le code de la santé publique). Et veillez à respecter la numérotation exacte des nouveaux codes (tel celui de la propriété industrielle) et des codes refondus (comme le code de commerce) ; par exemple, dans le ce dernier, il faut citer les dispositions de l’article L. 430-8 ainsi : art. L. 430-8, I, alinéa 1er (ou 2e al. ) ; ou encore art. L. 430-8, IV, 2e al., 1° (ou 2°) et non, comme je le lis parfois, art. L. 430-8-IV-1° (alors que ce 1° est au sein du 2e al., celui-ci se trouvant dans le corps de l’art. L. 430-8, IV ; de sorte qu’il faut mettre des virgules et non des tirets). Aujourd’hui, il faut systématiquement indiquer les numéros des pourvois des arrêts de la Cour de cassation que vous citez, et les numéros RG des autres décisions.

Attention ! Le mot de jurisprudence signifie principalement l’ensemble des décisions de justice rendues pendant une certaine période (voyez le Vocabulaire juridique dirigé par le doyen Cornu) et n’est pas synonyme d’arrêt ou de jugement. Je suis étonné du nombre de thèses qui commettent cette grave confusion.

Il n’est pas d’usage de mentionner le prénom (ou l’initiale de celui-ci) d’un auteur non juridique très célèbre (comme Montaigne, Racine, Diderot, Baudelaire, ou Bergson). Si vous citez dans le corps du texte un auteur en vie mettez avant son nom et son titre Monsieur le (Monsieur le Professeur, le cas échéant Monsieur le Doyen, Monsieur le Président). Certains collègues contestent ce point de vue, en prétendant qu’il s’agit d’une pratique récente. Je ne le crois pas : En France, un usage immémorial veut que les titres soient précédés de Monsieur (Monsieur le Président, Monsieur l’Intendant, Monsieur le Comte, etc.), du moins d’un inférieur. Les usages du monde de la justice en témoignent encore et, quant au passé, ceux qui contestent cet usage n’ont manifestement pas lu la marquise de Sévigné ou Saint-Simon. Même Henri IV, tout Roi qu’il fût, n’hésitait pas à employer la formule (il écrivait par exemple à Sully le 13 mai 1607, à propos de l’aménagement de la Place Dauphine à Paris : Il faut « que vous voyez M. le Premier Président, pour résoudre la place Dauphine selon le dessein que vous m’en avez montré », cité par B. Barbiche et S. de Dainville-Barbiche, Sully, Fayard, 1997, p. 285). Au surplus, je constate que ceux qui critiquent cet usage donnent sans barguigner du Monsieur le président, lors des soutenances, au collègue qu’ils ont élu pour présider le jury (et dans les colloques au président de séance, ce qui cette fois n’existait pas dans les mœurs françaises, et a été importé des États-Unis). Pour autant, il est préférable d’éviter de mentionner trop de noms dans le texte. Plusieurs procédés permettent de parvenir au même résultat. Par exemple, la formule : Selon un auteur « Le commissionnaire n’est pas un véritable mandataire » (vous mettez un renvoi à une note, dans laquelle figure le nom de l’auteur, cette fois sans titre, avec les références). Dans certains cas, il est même possible de citer directement une expression ou une phrase d’un auteur, entre guillemets, avec à la fin le renvoi à une note où son nom sera indiqué. Comme sa formulation l’indique, le prénom précède le nom. Il est donc d’usage de citer en France, en note, de la manière suivante : G. Cornu ou J. Carbonnier et non Cornu G. ou Carbonnier J. et encore moins Cornu (G.) ou Carbonnier (J.), ces deux dernières façons de faire étant des usages américains, repris à tort par les économistes Français.

N’abusez pas des notes en bas de page. Elles doivent rester brèves. Si elles tendent à être longues, c’est que leur substance mérite d’être incorporée au texte, par un biais ou un autre. De plus, méfiez-vous de la tentation des notes de pure érudition, risquant d’être hors sujet ou de donner l’impression d’une encyclopédie. Ne mettez pas de référence quand vous rappelez des banalités, du genre « La vente est un contrat synallagmatique » (ou « Les écrits du professeur Philippe le Tourneau sont remarquables » !). N’allez pas à la ligne incessamment (les jeunes auteurs ont tendance à passer à la ligne après chaque phrase), mais lorsque vous quittez une idée pour une autre.

N’hésitez pas à critiquer des arrêts et des auteurs, y compris votre directeur de recherche, car en Droit il n’y a pas de sacra doctrina, d’autant qu’un auteur « ne ressemble aux maîtres qu’en faisant différent » (Proust, Correspondance, t. XIX, Plon, 1991, p. 214). Mais formulez vos critiques toujours d’une façon courtoise, mesurée et argumentée, en conservant un esprit humble (mens humilis). Soyez modeste, en n’oubliant pas que, en dehors des sciences dites exactes, tout ce que les auteurs croient des vérités ne sont que des hypothèses provisoires, jusqu’à une nouvelle thèse ! Selon un mot de Thucydide, l’ignorance est hardie et le savoir réservé. Cela étant, je fais mienne l’opinion suivante de saint Thomas d’Aquin (XII Métaph., lec. 9) : « Si quelqu’un veut écrire contre mes solutions, il me sera très agréable. Il n’est, en effet, aucune meilleure manière de découvrir la vérité et de réfuter l’erreur que d’avoir à se défendre contre les opposants. […] Il faut aimer l’un et l’autre, celui dont nous adoptons l’opinion et celui dont nous nous séparons ; car l’un et l’autre s’appliquèrent à la recherche de ma vérité et l’un et l’autre sont nos collaborateurs ». Lorsqu’un auteur est revenu à plusieurs reprises sur le même sujet, vous pouvez évidemment mentionner ses premiers écrits, mais il est impératif de citer sa publication la plus récente, qui exprime sa dernière position (il a pu changer de point de vue) ; il est intellectuellement malhonnête de critiquer la doctrine d’un auteur en se référant à l’état antérieur de sa pensée.

L’originalité dans le fond d’une thèse est plus que souhaitable : C’est de la nature d’un tel travail, consistant en une recherche sur des questions controversées ou inédites. Une thèse n’est ni une compilation, ni une synthèse. Mais je suis tenté de dire que la nécessaire originalité doit être mesurée ou raisonnable. En ce sens, méfiez-vous des constructions intellectuelles ingénieuses, mais qui n’ont pas de réalité ou qui sont inapplicables.

N’employez pas la première personne du singulier, mais la première du pluriel. Au vrai, il est encore préférable d’éviter le plus possible de personnaliser en adoptant un ton neutre, grâce à la troisième personne du singulier. « Nous pensons que la cause présente deux aspects » devient « La cause présente deux aspects ».

Les citations d’auteur et d’extraits de décisions doivent être en italiques. Si elles comportent elles-mêmes des mots ou des passages en italiques, mettez alors ces derniers en caractères normaux. Donnez la traduction en français des citations en langue étrangère, même morte (grec ou latin), sauf lorsqu’il s’agit de maximes ou de formules traditionnelles.

S’inspirer d’un auteur est légitime, en le citant. Mais il est immoral et illicite (délit de contrefaçon) de copier des passages entiers, même en les transformant. Le travail d’un mémoire ou d’une thèse n’est pas celui d’un scanneur et du procédé « copier-coller ». Méfiez-vous de la tentation du plagiat, qui se répand actuellement, du fait des facilités techniques et de la perte du sens moral.

La rédaction achevée, le plan fixé ne varietur, reprenez l’ensemble à plusieurs reprises pour ce « retravail si essentiel d’après coup, qui consiste à serrer de plus en plus sa propre pensée, à la condenser et clarifier pour le lecteur » (L. Viaud [dit Pierre Loti], Journal, La table ronde, 1997, p. 233). Cela devrait être assez facile ; les mots idoines se présenteront en leur place, les phrases viendront presque d’elles-mêmes et se rangeront dans une belle ordonnance, comme des soldats entraînés. Tâchez d’avoir un style personnel, marqué par un rythme. La phrase doit être souple, étonner par la variété et la multiplicité de ses allures. Il faut éviter que des paragraphes proches commencent d’une façon identique. Polissez votre texte, améliorez en le style afin qu’il devienne coulant (« Qu’est-ce que le style ? … Une façon très simple de dire des choses compliquées » selon Cocteau), la cohérence interne, l’enchaînement des paragraphes, qui doivent s’emboîter les uns les autres. « Quand le tableau est fait, on revient avec ses teintes [les couleurs utilisées] pour accorder » (Chardin). Voilà un mot clé : Il faut tout accorder, harmoniser, mettre du liant, car « ce que cherche, à l’ordinaire, le lecteur, c’est une sorte de tapis roulant qui l’entraîne » (Gide, Journal 1887-1925, au 17 juin 1923, Pléiade, 1997). Les anciens disaient : Ars est celare artem, soit« L’art consiste à cacher l’art », en l’espèce le labeur patient et ardu de l’écriture ; c’est ainsi que l’on parvient au tapis roulant auquel fait allusion Gide. Il est facile d’écrire un texte pénible à lire, mais difficile d’écrire un texte d’une lecture aisée tout en conservant sa qualité de fond ! 

L’idéal serait que l’ouvrage ne contînt « Rien qui pèse et qui pose », pour reprendre une consigne de Verlaine (tout en ne pouvant pas, dans une œuvre d’érudition, adopter son « De la musique avant toute chose »). « Le style n’est qu’une manière de penser, si votre conception est faible, jamais vous n’écrirez d’une façon forte » (Flaubert, lettre à Ernest Feydeau [père de Georges], mai 1859, in Flaubert, Correspondance, op. cit., p. 21 ; souligné par l’auteur). Veillez à la précision du vocabulaire. « Un écrivain véritable est quelqu’un qui ne trouve pas ses mots. Alors il les cherche et il trouve mieux » (Valéry). Cela suppose de posséder un vocabulaire étendu. « On ne médite qu’avec [des mots], mais tous les mots possibles, parce qu’on ne pense bien qu’avec des mots nombreux » (Michel Serres, Le Tiers-instruit, Julliard, 1994, p. 119). Victor Hugo prétendait que des idées pouvaient être suggérées par une rime. De même, une idée, une heureuse comparaison, peuvent être soufflées par un mot cherché et trouvé pour éviter une répétition. « Le style est autant sous les mots que dans les mots » (Flaubert, op. et loc. cit. ; souligné par l’auteur). « La beauté du style est le signe infaillible que la pensée s’élève » (Proust, Correspondance, t. XIX, Plon, 1991, p. 635). Méfiez-vous des facilités de plume, constituées par les formules toutes faites et attendues (L’épée de Damoclès, ou La cerise sur le gâteau, surtout que cette dernière est la traduction d’une expression anglaise). Fournissez du « désordre à l’esprit » (selon le conseil de Valéry), en refusant les idées reçues et les clichés. Tâchez d’écrire de façon harmonieuse et musicale ; il faut que l’on puisse entendre la voix de votre texte. Imprégnez vous d’élégance en lisant les grands classiques de la littérature française (sans chercher à les pasticher), ce qui en même temps constituera une agréable détente.

Voici enfin le temps de se mettre, paradoxalement, à l’introduction ! Ce travail sera aisé, sachant d’où vous êtes parti et où vous êtes arrivé. L’introduction sert à délimiter le sujet, en expliquant pourquoi certains aspects sont éliminés, éventuellement en traitant les aspects historiques, sociologiques et de Droit comparé, si vous ne jugez pas utile ou si vous trouvez malaisé de les insérer dans le corps de l’ouvrage (mais aujourd’hui, il semble indispensable que toute thèse comporte des développements en Droit comparé) ; puis à brosser les prémisses de la matière, montrant implicitement l’intérêt du sujet, et aboutissant tout naturellement, comme sans y prendre garde, à l’annonce du plan (qui est importante ; de même que, dans le corps de l’ouvrage, les annonces des parties et des chapitres, à condition de leur donner de la substance : Voyez à cet égard la façon de procéder de Philippe Stoffel-Munck dans sa thèse L’Abus dans la contrat, préface de R. Bout, LGDJ, 2000). Les premières pages de l’introduction doivent être d’un style enlevé, pour donner envie au lecteur de poursuivre, et avec peu de références. Tâchez même que l’incipit, c’est-à-dire les lignes du début, soient frappantes (comp. : L. Nunez, LÉnigme des premières phrases, Grasset, 2017).

La conclusion, inutile dans un mémoire (sauf si le sujet l’appelle impérativement), est brève (quelques pages suffisent). Elle résumera le fruit de vos recherches. À ce moment-là, il vous faut couper les amarres et être seul avec vous-même, vos idées ramassées. Aussi, la conclusion ne doit comporter ni citation ni note (sauf pour éventuellement renvoyer à des passages de la thèse elle-même). Dans l’idéal, vous indiquerez in fine vos propositions de thèse sous la forme condensée suivante (qui n’est qu’un exemple) :

 « Au terme de nos recherches, nous soutenons que :
Premièrement : Le concept de responsabilité contractuelle était inconnue des rédacteurs du code civil et de ses commentateurs. Elle fut inventée à la fin du XIXe siècle par Planiol.
Deuxièmement : L’introduction de cette notion a entraîné de nombreuses conséquences fâcheuses, telles que …
Troisièmement : Nous proposons le retour à une saine conception des choses, consistant en ce que …
Quatrièmement : L’abandon du concept de responsabilité contractuelle présenterait plusieurs avantages pratiques d’importance, notamment ...

Vous trouverez deux modèles remarquables de cette méthode, d’abord dans la thèse de mon collègue Emmanuel Gaillard, Le Pouvoir en droit français (préface Gérard Cornu, Économica, 1985, p. 232 et s.) : La conclusion est constituée par dix-huit propositions sur deux pages. Ensuite, dans celle de Madame Marianne Faure-Abad, Le fait générateur de la responsabilité contractuelle (contribution à la théorie de l’inexécution du contrat), préface Ph. Rémy, LGDJ, 2003, dont la conclusion est divisée en cinq principes et huit corollaires. Cette méthode vous permettra de prouver que vous avez rédigé une véritable thèse, aux idées et conclusions neuves, et non une compilation d’œuvres antérieures présentées différemment (une thèse n’est pas l’art d’accommoder les restes !).

Le cas échéant, vous pouvez formuler une proposition de loi, avec le texte et l’exposé des motifs (V. par ex. la thèse de P. Coëffard, Garantie des vices cachés et « responsabilité contractuelle de droit commun », Poitiers, 2003, p. 311 et s., proposant une nouvelle et remarquable rédaction de certains articles du code civil, principalement portant sur l’actuelle garantie contre les vices cachés).

Votre travail achevé, il vous reste à en numéroter les paragraphes, ce qui vous permettra d’insérer des renvois internes (qui ne seront jamais trop nombreux ; voyez dans mon traité Droit de la responsabilité et des contrats). Vous pouvez aussi, le cas échéant, leur donner un titre, ce qui est une excellente méthode (et une ascèse, car cela conduit à ne développer qu’une idée par paragraphe). Prévoyez également d’établir un index (c’est aujourd’hui indispensable). La bibliographie devra être complète, toutes les œuvres utilisées, mais rien qu’elles ; ne mentionnez pas d’articles ou de livres non lus, car vous risquez d’être interrogés sur eux par un membre du jury. À l’inverse, n’omettez pas un ouvrage important de la matière : Un jour vous vous trouverez peut-être devant son auteur, qui en éprouvera une légitime amertume ! Sur la quatrième page de couverture (au dos de l’ouvrage), donnez un résumé de votre thèse en français et en anglais, ainsi qu’une liste des mots clés dans ces deux langues, enfin le nom et l’adresse de l’établissement de soutenance.

Les thèses sont souvent d’un maniement malaisé, car artificiellement volumineuses. Voici les moyens d’éviter cela. N’utilisez pas de double interligne ; ne laissez pas des marge énormes (je suggère 2,5 cm), ni de blancs importants entre les divisions ; et, surtout, imprimez recto verso et non seulement au recto. Efforcez-vous de faire tenir toute la thèse en un seul volume. Pour faciliter la lecture des membres du jury, je vous conseille vivement d’imprimer à part un plan synthétique, avec l’indication des pages, au recto (seulement) d’un bristol (d’un seul) de 25 sur 18 centimètres, de couleur claire (mais pas blanc), en mettant le plus de divisions possibles pouvant tenir sur le recto. Dans la mise en page, veillez à ce que les titres ne se trouvent pas placés en bas de page.

Le moment venu, vous pourrez proposer à votre directeur de recherches le nom des personnes que vous aimeriez voir figurer dans votre jury de soutenance. Les noms des membres du jury doivent être mentionnés (en majuscule) sur la première page de couverture (précédés de Monsieur, Madame ou Mademoiselle et de leur prénom en entier, suivi de leur titre et de leur faculté ou université), par ordre d’ancienneté. Le nom du directeur de recherche, avec l’indication de cette fonction, est placé avant, avec un espace entre son nom et celui des autres membres du jury. Méfiez vous d’une subtilité, qui est un piège dans lequel tombent non seulement les thésards mais aussi de nombreux collègues. La voici. On écrit Professur à la faculté de X (ou à l’université de X), mais pour un émérite, c’est Professeur émérite de la faculté de X (ou de l’université de X). Certains candidats emploient à tort, depuis peu, l’expression de directeur de thèse à la place de directeur de recherches ; ne les suivez pas !

Préparez pour la soutenance un exposé oral d’environ dix à quinze minutes, indiquant les buts de votre recherche, les difficultés que vous avez rencontrées, et les résultats auxquels vous êtes parvenu (en vous exprimant à la première personne du singulier). Vos propos doivent être très brefs, car les membres du jury ont normalement lu votre œuvre, de sorte que vous risquez vite de les ennuyer. Vous pouvez commencer en remerciant les membres du jury de leur présence, particulièrement ceux qui viennent de loin et/ou de grande renommée, ainsi que votre directeur de recherches.

Tâchez de prévoir la soutenance soit avant les vacances d’été soit après celles-ci, assez tôt, c’est-à-dire jusqu’au 15 novembre. Et envoyez votre thèse aux membres du jury au moins un mois avant la soutenance. L’observance des ces deux recommandations est une marque d’égard envers les collègues qui participeront à votre jury ; mais elle constitue en même temps une mesure de précaution pour vous car, du fait de la concentration des soutenances à la fin de l’année, il est des membres de jury qui n’ont réellement pas le temps d’examiner à fond tous les travaux qui leur sont soumis.

Demandez à un ami de noter, lors de la soutenance, les critiques et remarques qui vous seront adressées, dont vous devrez tenir compte pour améliorer votre thèse avant de la publier.

Ne vous inquiétez pas : tout ira bien ! Les premièrs jours sont le temps bienheureux des fiançailles ; puis vient le temps de la grisaille et du doute ; mais, finalement, la sérénité et l’aisance seront au bout du chemin, comme dans les vieux couples qui ont surmonté ensemble les épreuves de la vie ! Certes, vous peinerez de temps à autre ; mais, dans la vie, tout ce qui est intéressant et grand ne jaillit que dans la souffrance. « Apprends à penser avec douleur, car sans cela jamais le génie ne naît à la vie de l’esprit » (Caroline von Gunderode, cité par Marcel Brion, L’Allemagne romantique, Albin Michel, t. 1, 1962, p. 306).

PS

Dans la mesure du possible je tiens compte dans mes ouvrages (notamment dans le Dalloz Action Droit de la responsabilité et des contrats) de l’apport des thèses et des articles nouveaux, du moins évidemment lorsqu’ils sont parvenus à ma connaissance, m’ayant été adressés (ou à celui de mes collaborateurs du Dalloz Action chargé de la question qu’elle aborde ; leurs parties sont indiquées dans l’avant-propos de ce traité). À bon entendeur salut ! 

QUELQUES INSTRUMENTS DE TRAVAIL

– G. CORNU, Vocabulaire juridique, PUF, collec. Quadrige, 8e éd., 2007 (ouvrage d’une qualité exceptionnelle, à consulter sans cesse).

– DALLOZ, Guide juridique, 6 vol., reliure bleue (très utile et très commode à consulter : tout le Droit par ordre alphabétique).

– DALLOZ, Répertoire civil, dix vol. (tout le Droit civil par ordre alphabétique).

– DALLOZ, Répertoire commercial, cinq vol. (tout le Droit des affaires par ordre alphabétique).

– JURIS-CLASSEUR CIVIL (tout le Droit civil par articles du code).

– M.-L. MATHIEU-IZORCHE, Le raisonnement juridique. Initiation à la logique et à l’argumentation, PUF, Thémis, 2001 (précieux pour tout thèsard).

– H. ROLAND & L. BOYER, Locutions latines du droit français, 4e éd., Litec, 1998.

– A.-V. THOMAS, Dictionnaire des difficultés de la langue française, Larousse (rééditions fréquentes).